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Elections, quelle boussole choisir ?

A l’approche des scrutins, les catholiques se demandent parfois quelle attitude adopter. Commençons par rappeler trois principes.

Premièrement, comme tout citoyen, le catholique a le devoir de voter. De fait, il n’a pas le droit de se désintéresser de la vie sociale : « Ma civilisation, héritière de Dieu, a fait chacun responsable de tous les hommes, et tous les hommes responsables de chacun » (Saint-Exupéry, Pilote de guerre, XXVI). Oui, le Royaume du Christ n’est pas de ce monde, mais le chrétien est bien inséré dans une société dont les fondements contribueront ou non au bonheur temporel et éternel de beaucoup. Le choix des fondements d’une civilisation a des conséquences immenses.

Pourtant, chez plus d’un revient l’idée qu’il n’y a pas de candidat « valable ». Nous arrivons au deuxième principe : si tel est le cas, mieux vaut voter pour un candidat « moins mauvais » que ne pas voter du tout – car freiner une tendance néfaste est une œuvre opportune. Si l’étape est imparfaite, elle peut être intégrée dans une progression plus parfaite. Le cas échant, le vote blanc a tout de même une signification (par une loi de 2016, il fait l’objet d’un comptage spécifique, quoique  n’entrant pas dans le calcul du nombre de suffrages exprimés).

Troisièmement : le vote est une affaire de conscience. On est responsable de son vote devant Dieu et devant la société. Il n’est donc pas légitime de voter d’abord « en fonction de son portefeuille », pratique hélas pas anecdotique : le bien commun est supérieur à nos intérêts économiques personnels.

Si c’est le bien commun, avec une certaine idée de la civilisation, qui doit primer, quels critères concrets privilégier ? Car, de fait, il convient de hiérarchiser les priorités. L’un des textes les plus clairs (et souvent cité) est le discours de Benoît XVI du 30 mars 2006 :

« En ce qui concerne l’Eglise catholique, l’objet principal de ses interventions dans le débat public porte sur la protection et la promotion de la dignité de la personne et elle accorde donc volontairement une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociables. Parmi ceux-ci, les principes suivants apparaissent aujourd’hui de manière claire : la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu’à sa mort naturelle ; reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage (…) ; la protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants. Ces principes ne sont pas des vérités de foi, même si ils reçoivent un éclairage et une confirmation supplémentaire de la foi ; ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même et ils sont donc communs à toute l’humanité. »

Cette mise en valeur des trois premiers principes fondant toute société n’exclut évidemment pas d’autres domaines capitaux de la vie sociale, bien au contraire ! Il s’agit de promouvoir le bien commun sous ses multiples formes – car il constitue un tout.

Il convient d’ailleurs de le faire de façon cohérente. Le cas de l’écologie en est une bonne illustration : « l’écologie doit être “intégrale”. Elle ne comprend pas seulement l’environnement de l’humanité, mais aussi la manière dont l’humanité se traite elle-même » (L’espérance ne déçoit pas, du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France pour présidentielles de 2022).

Enfin, s’il y a des fondements propre à toute société, aucun thème ne nous est indifférent. Dans le texte dont est issu la précédente citation, sont ainsi évoqués, entre autres, la paix, le respect de la vie, la fraternité, la transmission, …

Demandons à l’Esprit Saint de nous éclairer afin que nous sachions incarner les grands principes humains et chrétiens dans nos votes des 10 et 24 avril prochains.

Abbé Vincent Pinilla+